Yan
Tatoueur depuis 1998
Passionné du tattoo, artiste dans l’ame, Yan a parcouru son chemin dans le domaine du tattoo pour en faire son mode de vie et en vivre avec une passion inassouvissable.
Freestyle tattoo,
Ste-Thérese 450-437-1301
et St-Jérome 450-431-8787
Qu’est-ce qui choque dans le tatou? Le dessin, sa forme, le sujet abordé, la couleur, ou est-ce simplement le fait que cela se porte sur la peau? Ne serait-ce pas la permanence? Le fait que cela soit indélébile ?
Le maquillage est une forme de dessin sur le corps. Le body painting a connu ses heures de gloire. Dans plusieurs sociétés, on maquille le corps pour certaines cérémonies. Ici, bon nombre de gens se peignent le visage et le corps pour soutenir leur équipe de sport préférée. Pourquoi ce questionnement sur le tatou alors?
Ce qui dérange dans le tatou ne serait-il pas finalement la décision de marquer sa peau à vie ? Certes cela dérange, mais cela fascine aussi. Il faut vraiment être sûr de soi pour se tatouer. On doit quand même faire la différence entre le tatou discret, que seul les gens avec lesquels on partage une certaine intimité peuvent voir et celui qui ne se cache pas. Même les plus adeptes de cette forme d’art ne sont pas toujours enclin à livrer leur tatouage aux yeux des autres. L’autre chose intrigante est la partie du corps tatouée. Le visage, et même toute la tête, dérangent. Le sexe, ou d’autres zones érogènes, interpellent aussi beaucoup.
D’autres questions
Est-ce que l’on est vraiment tous prêts à vivre avec quelque chose que l’on ne peut enlever, car même avec le laser, il y reste toujours une trace. À quel âge est-on réellement en mesure de prendre une telle décision? Que veut-on vraiment avoir sur la peau? Aimera-t-on vraiment son tatou toute la vie ? Comment vieillit-on avec un tatouage? Ce sont ces questions que le non-initié se pose.
La loi doit même intervenir dans certains cas. Des éducatrices d’un CPE ont dû demander à la Cour d’intervenir afin qu’elles puissent exhiber leurs tatouages. Le juge leur a donné raison en donnant comme autres raisons : «… Par sa politique, le CPE se trouve à obliger l’employée, qui a sur le mollet ou l’avant-bras un tatouage représentant un papillon ou une fleur, à porter un pantalon long ou une chemise à manches longues [...] sous un soleil de plomb par un bel après-midi d’été. C’est ridicule et outrageant ». Le juge a également élaboré sur la question du sujet du tatou: « Si c’est une tête de mort, on comprendra que la personne a l’obligation de le cacher .… » Le juge laisse ainsi une porte ouverte à la direction des CPE qui voudraient interdire les tatouages à caractère violent, raciste ou sexiste.
Le problème reste donc entier. Est-ce la permanence ou le sujet du tatou qui dérange?
Le tatouage consiste à introduire dans la peau une substance colorante, un pigment. La couleur que l’on a introduite apparaît ensuite par “transparence”, après que la plaie causée par le piquage se soit cicatrisée. La peau est piquée de petits trous à l’aide d’un outil pointu (aiguille, dents de peignes, épines, etc). L’encrage peut se faire avant, pendant, ou après les piqûres.
La peau se compose de trois couches, l’épiderme à la surface, le derme au milieu et l’hypoderme en dessous. C’est au niveau de la partie supérieure du derme qu’est déposée l’encre, juste après l’épiderme. La profondeur de la piqûre diffère en fonction des types de peaux et des parties du corps. Cela va entre 1 et 4 mm. C’est dans le dos que se trouvent les zones les plus “épaisses”. Bien que tous les types de peau puissent être tatoués, le résultat ne sera jamais le même d’une peau à l’autre. Les peaux claires sont plus réceptives au tatouage. Elles sont plus fines, donc plus transparentes. Les tons seront plus éclatants et les nuances plus visibles. Les peaux noires et basanées ne permettent qu’à la teinte noire de transparaître à travers l’épiderme et il y est plus difficile de faire le tracé du dessin.
Il existe deux types de tatouage piqué, soit à instrument simple (tatouage japonais, tatouage occidental à la machine) et à instrument double (Asie du sud est, Océanie). La technique la plus répandue de nos jours pour tatouer est le piquage à l’aiguille à l’aide d’une machine électrique.
Cette machine a été inventée en 1891 par l’américain Samuel O’Reilly. Elle est améliorée par Percy Walters en 1929. Depuis, peu de choses ont changé. Certains puristes optent encore pour les méthodes plus artisanales, mais cela demeure rare.
Au niveau de l’hygiène en occident, beaucoup d’améliorations ont été apportées depuis les temps lointains où l’on se faisait tatouer dans la cave d’un bougre sans nom. Il est vrai que jusqu’au XXe siècle se faire tatouer était quelque peu hasardeux. Nombre de maladies et d’infections se transmettaient lors de l’opération.
Aujourd’hui les normes d’hygiène sont respectées à peu près partout. Les salons sont propres. Le matériel est stérilisé et à usage unique. Les professionnels du tatouage ont à cœur des pratiques saines et hygiéniques, il en va de leur réputation.
Pour les tatous imposés (prisonniers, rescapés des camps de concentration), les erreurs de jeunesses, les amours contrariés, il y a la possibilité de se faire détatouer. Le détatouage est né avec le tatouage. Dès l’antiquité on a élaboré diverses techniques. Certaines sont plus efficaces que d’autres. Certaines nécessitent un équipement sophistiqué, d’autres pas. Voici quelques méthodes de détatouage : le trempage (on trempe le tatouage dans l’eau de mer), le bistouri électrique et le thermocautère (peut laisser une image fantôme), le photo coagulateur à infrarouges (anesthésie locale, le résultat est souvent imparfait), cryothérapie et cryochirurgie (détatouage par le froid avec de l’azote liquide), la salabrasion (l’utilisation du sel chlorure de sodium), la destruction chimique, le détatouage à l’acide trichloracétique, le détatouage au tannin, , le détatouage manuel à la toile émeri (aujourd’hui abandonné), la chirurgie d’exérèse (l’ablation chirurgicale de la peau tatouée), le détatouage au dermatome (le dermatome, ou rasoir de Lagrot, est un appareil qui permet de faire des greffes de peau de différentes profondeurs allant de la greffe mince jusqu’à la peau totale), le détatouage au punch ou bistouri circulaire , le détatouage au laser, technique qui a pris une place importante dans le traitement du détatouage et qui fait disparaître les tatouages pratiquement sans trace.
Les complications liées au détatouage consistent surtout en des problèmes de cicatrisation ou encore en des résultats jugés insuffisants. Mais normalement un tatou c’est pour la vie. Il vaut mieux savoir ce que l’on fait avant.
Du nord au sud, de l’est à l’ouest, le marquage permanent de la peau se retrouve dans toutes les sociétés. De l’Égypte au Japon, du Groenland à la Terre de feu, on le rencontre. Depuis la nuit des temps, les humains ont marqué leur corps pour toutes sortes de raisons.
Dans l’Egypte ancienne, on rencontre des corps tatoués. Mais cela reste marginal. Il s’agit principalement des prêtresses de la déesse Hathor (celle avec la tête ou les oreilles de vache, déesse entre autre de l’amour), des danseuses et chanteuses de la cours des pharaons. Déjà il y a association tatou et sexualité.
Il n’y a pas que l’antiquité égyptienne qui est concernée, mais aussi le monde grec, romain, perse. Tantôt élément esthétique, tantôt marque d’infamie, mais toujours présent.
Toujours en occident, l’Europe aussi est terre de tatouage. Que ce soit les Celtes au centre et à l’ouest (Bretagne), les Pictes (peuplade originaire de l’actuel Pays-Bas qui s’est installée en Angleterre) et les Scots au nord, nombre d’européens ont utilisé le marquage permanent. D’ailleurs, le nom de Picte ainsi que Breton, viendraient de mots latins faisant référence à un corps peint ou à pays de gens peints.
C’est le christianisme qui met fin partiellement et provisoirement au tatouage en Europe. L’empereur Constantin le Grand décrète que cela va à l’encontre de la loi de Dieu d’altérer le corps, œuvre divine, donc parfaite et c’est d’ailleurs mentionné dans la bible.
Mais les Croisés ont repris à leur compte le tatouage au nom du Christ, se faisant incruster des croix et autres signes de dévotion sur la peau. Les pèlerins les accompagnant, tout aussi fanatiques, feront perdurer la tradition du tatouage « christique » dans toute l’Europe jusqu’au Moyen-Âge. En Italie et dans les Balkans on continuera longtemps à faire des tatouages religieux.
Les Européens ne seront pas au bout de leur peine, car qu’importe la partie du monde découverte, colonisée, acculturée, ils seront sans cesse confrontés à ce genre de modification corporelle. Les missionnaires se feront plus qu’un devoir de mettre fin à cette pratique barbare, voire démoniaque. Fascinant et repoussant, le tatou fait autant d’émules que de détracteurs.
C’est à partir des « grandes découvertes » des XVIIe et XVIIIe siècles que le tatouage retourne en Europe par les ports et les docks. On ramène des îles lointaines, prisonniers et princes tatoués (Giolo). On en revient soi-même tatoué comme l’amiral Cook.
Le Québec n’est pas en reste, la pratique du piquage y est fort répandue. Un « sauvage » sans tatouage d’une plante ou d’un animal n’était pas un homme. Au grand dam des autorités de la Nouvelle-France le tatouage ne se limita pas juste aux coureurs des bois, mais les jeunes gens des villes adoptèrent aussi cette coutume.
Très vite le tatouage fascine l’aristocratie européenne qui ne manque pas de se faire tatouer (le comte Tolstoï, Catherine de Russie, Pierre le Grand, Napoléon, Nicolas II). Jusqu’à la fin du XIXe siècle, l’intérêt de l’aristocratie pour cet art corporel persiste.
On va jusqu’à faire venir des grands maîtres japonais et birmans à New York ou dans d’autres grandes capitales pour exprimer leur art sur les nantis. Plusieurs têtes couronnées (le roi Édouard II et même le grand-père d’Elisabeth, Georges V) auront aussi recours à l’art de grands maîtres, tel le légendaire Hori Chiyo, lors de séjours en Asie (Chine, Japon, Birmanie), en Océanie (Nouvelle-Zélande) ou en Polynésie (Tahiti, Iles Marquises, Samoa).
Mais les préjugés sont tenaces, d’autant que les rapports du tatou avec le bas peuple suscitent encore bien des suspicions. C’est chez les plus pauvres, les plus déshérités qu’il y a le plus de gens tatoués. Marins, mineurs, prisonniers les arborent sans complexes. Certains médecins et hygiénistes voient le tatouage comme la preuve tangible de la dégénérescence du peuple.
Tout au long du XXe siècle, le tatou demeure l’apanage des voyous, bandits, malfrats et prostitués. Les gens «bien» ne se marquent pas le corps, du moins ils ne le montrent pas et lpourtant Truman, Kennedy, Roosevelt et Churchill le sont.
Il faut attendre les années soixante (avec tous les changements sociaux que l’on connaît aux États-Unis) pour que le tatou prenne sa place dans la cité. Au Québec, le « renouveau » tant attendu n’arrive que dans les années soixante-dix. Parmi les pionniers, on compte Tony Danis de Pointe Saint-Charles ou Normand sur Saint Laurent.
Depuis, on peut dire qu’en Occident le tatou est devenu Mainstream.
Questions à Mélodie, artiste tatoueuse chez Dondesign à Longueuil
OK-KO : Qu’est-ce qui t’a amenée au tatouage?
Mélo : Vouloir devenir originale, défier les parents
OK-KO : Comment as-tu su que c’était ta voie?
Mélo : À vrai dire, je n’ai pas vraiment su que c’était ma voie.
J’ai toujours aimé dessiner depuis que je suis petite. Bien sûr le domaine m’intéressais déjà, mais l’accessibilité au métier est difficile, il n’y a pas de cour disponible.
KO-OK : Ton premier tatou?
Mélo : Un bracelet avec des notes de musique, un clin d’œil à mon nom Mélodie, j’avais 14 ans.
OK-KO : À quel âge as-tu commencé à tatouer?
Mélo : À 20 ans, en apprentissage, à travailler sur des amis proches ou sur moi-même, il faut se sacrifier.
OK-KO : Quel est le tatou le plus beau ou le pire que tu aies fait?
Mélo : Je n’ai pas de plus beau, ni de moins beau. J’ai surtout plus de plaisir à faire quelque chose, dans le style ou dans le sujet du tatou en tant que tel. Certaines idées vont m’inspirer plus que d’autres, tout simplement.
OK-KO : As-tu déjà refusé un tatou?
Mélo : Oui, parce que ce n’était pas pour moi.
OK-KO : Y a-t-il une école pour apprendre à tatouer?
Mélo : Non, c’est par apprentissage. Au départ, j’envisageais plus le côté production théâtrale, les maquillages de scène. J’ai aussi essayé le multimédia, ce qui ne fut pas très concluant, ah ah! Mais faut croire que la vie me réservait autre chose, de bonnes personnes sont apparues, et chemin faisant, j’ai finalement fait ce que je croyais inaccessible, étant donné que le domaine
est plutôt fermé. Ce n’est pas aussi facile que ça peut avoir l’air. Je ne cesse de travailler fort pour en apprendre toujours un peu et m’améliorer, prendre les critiques constructives et pousser les résultats. Demander l’avis des collègues c’est aussi important.
OK-KO : Qu’est-ce qui fait un bon tatoueur?
Mélo : Il faut aimer cette forme d’art, diriger les gens, c’est un travail d’écoute.
OK-KO : Quelle est la différence entre un tatoueur et un artiste tatoueur?
Mélo : Un tatoueur doit être un artiste.
OK-KO : Quel style te définit?
Mélo : Mon travail est délicat et doux. J’aime bien travailler à partir de références et interpréter à ma façon par la suite, mais je n’ai pas un style aussi bien défini que certains.
OK-KO : Que dirais-tu à quelqu’un qui se fait tatouer la première fois?
Mélo : Je lui dirais de ne pas faire son premier tatou à la légère , de prendre le temps de bien choisir l’artiste parce qu’il a sa façon bien à lui de travailler.
L’important c’est de voir si le style du tatoueur nous convient. Il peut être vraiment bon, mais si sa façon d’interpréter les choses ne nous convient pas, il faut savoir qu’on ne pourra la changer. Il ne faut pas avoir peur de l’attente lorsqu’on prend un rendez-vous, ce n’est pas bon signe quand tu peux l’avoir le jour même et que le tatoueur n’a pas l’air vraiment occupé. Il ne faut pas se faire tatouer parce que les autres en ont, ou qu’on réalise que c’est à la mode, et se choisir un modèle sur un coup de tête. Il faut bien sûr apprécier le moment, être bien reposé, calme, et s’attendre à ce que l’on aura une douleur à endurer et surtout a contrôler.
OK-KO : Penses-tu tatouer toute ta vie?
Mélo : Oui, c’est un mode de vie
OK-KO : Questions à Don, propriétaire de Dondesign à Longueuil, artiste tatoueur et artiste peintre
OK-KO : Qu’est-ce qui t’a amené au tatouage?
Don : La passion de l’art, je ne croyais pas en vivre
OK-KO : Comment as-tu su que c’était ta voie?
Don : Quand je me suis fait mon premier tatou sur le pied
OK-KO : Ton premier tatou?
Don : Une tête de mort, à 13 ans. Ma mère ne le savait pas et elle a été bien peinée de cela
OK-KO : À quel âge as-tu commencé à tatouer?
Don : Il y a environ 16 ans, j’avais 21, 22 ans.
OK-KO : Quel est le tatou le plus beau que tu aies fait?
Don : C’était en 2005, une gargouille qui semblait sortir du dos.
OK-KO : Quel est le pire tatou que tu aies fait?
Don : Non, pas de regret.
OK-KO : As-tu déjà refusé un tatou?
Don : Oui, parce que cela n’avait pas d’allure, comme un petit gars de 16 ans qui veut se faire tatouer la face.
OK-KO : Il y a-t-il une école pour apprendre à tatouer?
Don : Je suis autodidacte, puis j’ai appris avec de bons tatoueurs.
OK-KO : Qu’est qui fait un bon tatoueur?
Don : Il faut trouver un bon studio, il faut avoir un bon potentiel artistique, il faut savoir dessiner.
OK-KO : Quelle est la différence entre un tatoueur et un artiste tatoueur?
Don : Un tatoueur ne fait que reproduire ce qu’il voit, un artiste tatoueur crée, il a une bonne base en art, il est psychologue et a de l’écoute.
OK-KO : Quel style te définit?
Don : Le réalisme noir et gris
OK-KO : Que dirais-tu à quelqu’un qui se fait tatouer la première fois?
Don : Il faut choisir la bonne grosseur, le bon modèle et surtout ne pas le regretter.
OK-KO : Penses-tu tatouer toute ta vie?
Don : Au moment où je me suis tatoué, j’ai su que je le ferais toute la vie.
Qui :Mark, propriétaire du bar L’Absynthe à Montréal
Quoi : Tant qu’à toujours porter plein de colliers, pourquoi ne pas m’en faire tatouter un ? Une clé de sol en guise de médaillon, et, à la nuque, la clé de fa qui attache la portée.
Pourquoi : La musique, c’est mon Life Saver. La seule passion qui ne me déçoit jamais.
OK KO aime: L’anecdote de Mark à propos du défunt chanteur de Blind Melon, Shannon Hoon, qui lui aussi avait un collier tatoué. Le sien était formé de coquerelles (ouache).
Ce que OK KO a réussi à savoir : Ce sont les notes de Sugar Mountain de Neil Young ou une mélodie de Jimi Hendrix qui ont failli être immortalisées au départ. Choix final : la gamme de do, c’est beaucoup plus général.
Qui : Harrison, guitariste rock
Quoi : Un dragon qui crache du feu, oui, mais surtout, parmi les flammes, un symbole caché de Rocket From The Crypt.
Pourquoi : Rocket From The Crypt, c’est la représentation parfaite de la musique que j’ai toujours eu envie de jouer ; un band qui s’inspire du rock and roll des années 50 tout en ayant son propre son moderne.
OK KO a aimé: Que la légende urbaine soit enfin confirmée. Oui, c’est vrai, le band californien laisse rentrer à leurs concerts les fans qui ont la petite fusée Rocket From The Crypt tatouée sur le corps.
Ce que OK KO ne vous montrera pas : Le deuxième tatouage d’Harrison, un gigantesque bateau de pirate.
Qui : Simone dans Rock&Rose, la nouvelle série de livres de Marie Hélène Poitras
Quoi : Une Fender Mustang bleue, tatouée drette sur le cœur (pour ne pas dire la poitrine.)
Pourquoi : Dans un band de gars, une fille, ça doit être «faite forte». Ils veulent que je sois une bassiste dans l’ombre ? No way. Avec ce tattoo, mon rêve d’être lead guitar, j’suis sûre de ne pas le perdre de vue.
OK KO aime: La passion de l’auteur. Également journaliste musique (Voir, Nightlife), Poitras parvient à glisser, même dans ses livres pour ados, la crème de la musique (Iggy Pop, Arcade Fire) et ses découvertes de la scène locale (Think About Life, Chinatown). De quoi faire connaître autre chose que Britney Spears.
Ce que OK KO ne sait pas : L’auteur cache-t-elle aussi un tattoo ? Merde, on a oublié de lui demander.
Qui : Josée-Anne ; travaille en production télé.
Quoi : Le visage de la pochette de Kid A, mythique album de Radiohead.
Pourquoi : Ben là, quand ça fait quinze ans que tu capotes sur un groupe et que tu l’écoutes à chaque jour, tu ne te poses pas trop de questions.
OK KO a aimé: Que Josée-Anne nous accueille chez elle avec une nouvelle toune de Radiohead pas sortie encore, These Are My Twisted Words.
Ce que OK KO ne vous montrera pas : Son deuxième sublime tatouage, un hommage à Joy Division.
Tout le monde vous dira que son tatoueur est le meilleur en ville. On pourrait quasiment comparer ce phénomène à celui des nouveaux parents, qui, bien sûr, ont le bébé le plus beau et le plus intelligent.
Qui croire ? Voici les trois adresses web de notre top 3 montréalais !
Alléchant site donnant un bon aperçu des œuvres réalisées par les artistes du studio de la rue Prince-Arthur, ouvert depuis 1997. Vous y verrez entre autres le travail du fameux Safwan : fleurs et oiseaux exotiques, têtes de mort de fonds marins et autres créatures colorées.
Basé sur Centre Street dans le sud-ouest de la ville, ce studio n’est pas situé en plein cœur de la faune culturelle, mais il en vaut assurément le détour. Le site n’offre pas grand-chose de plus que des images, mais bon, à bien y penser, c’est pas mal ça dont on a besoin avant de se rendre à destination.
Le studio le plus connu de tous et ce n’est pas pour rien. Clic, clic, clic, demandez à votre souris pour en savoir davantage sur les experts des deux succursales Kawabunga (l’une sur Maisonneuve, l’autre sur Saint-Denis) !
Petit conseil : soyez patients. Il est tout à fait normal qu’un tatoueur réputé vous donne un rendez-vous dans six mois ou même dans un an.
Questions à Pierre de Tattoomania à Montréal, tatoueur et propriétaire du Studio TattooMania et co-organisateur de l’Art Tattoo Montréal.
OK-KO : Qu’est-ce qui t’a amené au tatouage?
Pierre : Mon père est tatoueur
OK-KO : Comment as-tu su que c’était ta voie?
Pierre : Au début, je ne voulais pas devenir tatoueur comme mon père, mais je suis tombé amoureux d’un tatouage de Philippe Leu, un des plus grands tatoueurs sur au monde.
OK-KO : Ton premier tatou?
Pierre : Un dragon et un crâne à 16 ans, il a été fait par mon père
OK-KO : À quel âge as-tu commencé à tatouer?
Pierre : J’ai commencé à tatouer tous les jours à 16 ans, mais je m’étais déjà pratiqué sur mes parents avant.
OK-KO : Quel est le tatou le plus beau que tu aies fait?
Pierre : Celui que je ferai demain, j’essaie de me faire plaisir à chaque tatou.
OK-KO : Quel est le pire tatou que tu aies fait?
Pierre : Non, il n’y en a pas, tout m’amène à faire ce que je fais.
OK-KO : As-tu déjà refusé un tatou?
Pierre : Oui, plusieurs fois. Le motif ne m’intéressait pas parce que ce n’est pas moi qui pouvait faire la meilleure job, pas de feeling avec le client.
OK-KO : Il y a-t-il une école pour apprendre à tatouer?
Pierre : Non c’est par apprentissage.
OK-KO : Qu’est-ce qui fait un bon tatoueur?
Pierre : Un bon apprentissage, être sérieux dans son travail, passionné et dédié à son art, le dessin, la peinture, un bon tatoueur sait allier technique et dessin. Un bon tatoueur se remet toujours en question
OK-KO : Quelle est la différence entre un tatoueur et un artiste tatoueur?
Pierre : Un bon tatoueur est un bon artisan, qui a une bonne technique et qui reproduit bien. Un artiste tatoueur est quelqu’un qui fait ses propres créations, son propre style. Mais je préfère un bon tatoueur à un artiste n’ayant pas de technique.
OK-KO : Penses-tu tatouer toute ta vie?
Pierre : Oui, même en vacances je m’arrange pour tatouer. Je reviens du Mexique et j’ai tatoué pendant que j’y étais.
OK-KO : Quel style te définit?
Pierre : Beaucoup de gens disent que je fais du tatou de style japonais. Je fais du vrai tatou, contour, ombrage et couleurs. Je n’ai pas vraiment un style, je ne me limite pas à un style.
OK-KO : Que dirais-tu à quelqu’un qui se fait tatouer la première fois?
Pierre : C’est plus à lui de me dire quelque chose. La première chose que la personne doit faire c’est de me parler. Ensuite je l’éduque et lui explique.
En résumé
Que ce soit Mélo, la compréhensive, Don, le sûr de lui, ou Pierre, le passionné, le tatoueur est un artisan des rêves. C’est lui qui transpose la pensée, qui lui donne corps, c’est le cas de le dire. L’élément central entre le tatoueur et le tatoué est la confiance, le feeling, l’échange. Le tatouage n’est pas qu’un dessin sur la peau, c’est une façon d’être. On devient la toile de ses pensées. Ce n’est pas une mince affaire à assumer.
Le choix d’un bon tatoueur et d’un beau tatou relève d’une démarche réfléchie, d’une recherche de style, d’une compréhension, d’une acceptation de soi, de ses désirs et aspirations.
Est-ce un art alternatif? Peut être? Le concept d’alternatif réside dans le regard que l’on porte sur quelqu’un ou quelque chose, selon le lieu ou l’époque, bien plus que la personne ou l’objet regardé.